• J’ai essayé d'adapter le code écrit français au parler

    Ë si je sêplifiè la lâg frâsèz dâ le büt de râdr le kod ëkri idâtik o parlë ? J'aksept se tcalêj.

    (Ci-dessus : un nouveau moyen d’écrire « Et si je simplifiais la langue française dans le but de rendre le code écrit identique au parler ? J’accepte ce challenge. »)

    Bonjour. Comme tu peux t'en douter, le français est ma langue maternelle, et j’ai un niveau à l’écrit assez élevé pour avoir le culot de corriger les gens qui font des fautes : accents, accords, déterminants, prépositions, etc.

    Moi, parce que je quelqu’un de très brillant, je n’ai eu aucun problème à apprendre à « bien » écrire ». J’ai très vite appris à rédiger des phrases sans faute et à avoir de bonnes notes en dictée, et ça me rendait très fier, quand j’étais petit, ça plaisait aux profs et aux autres adultes autour de moi, ça m’a servi à gagner des prix, j’ai l’air intelligent, c’est cool ! Et ça me permettait de me moquer sans en avoir honte des personnes qui faisaient des fautes.

    Mon dieu, heureusement que j’ai changé !

    On pourrait donc croire que je suis un puriste qui veut figer la langue française en essayant de suivre à la lettre toutes les recommandations de l’Académie et en refusant toutes les évolutions que la langue pourrait subir alors que c’est quelque chose de normal pour une langue vivante, mais dieu merci je ne suis plus comme ça.

    Nan, moi, maintenant, ce qui m’énerve, c’est quand l’orthographe sert l’élite à asseoir sa domination sur les classes inférieures. Je n’aime pas quand on se moque des gens qui font des fautes, quand on refuse de simplifier le code écrit parce qu’on ne veut pas voir de « nivellement par le bas », de « baisse du niveau intellectuel en milieu scolaire » ou autre idiotie que je suis susceptible d'entendre ici et là, quand des élèves se sentent bêtes ou s’énervent parce qu’apprendre à écrire le français est difficile, etc.

    'Fin, si tu veux d’autres arguments, tu peux regarder la vidéo de Linguisticæ sur la réforme de l’orthographe ou lire cet article en accord avec mes opinions.

    Du coup, comme je m’ennuie un peu, je me suis dit que ce serait sympa de créer un nouveau code écrit. Et, pour cela, je me suis inspiré du turc et de l’espagnol, deux langues dont le code écrit est plutôt facile à comprendre : quasiment tout ce qui est écrit se prononce. Je veux voir à quoi ça ressemblerait si c’était pareil pour le français, si un nouveau code écrit inspiré de ces deux langues serait plus logique et cohérent. Si ça se trouve, ça pourrait mettre fin au contrôle des élites sur la langue et faciliter et rendre plus rapide l’apprentissage du français écrit pour les enfants et les adultes illettrés.

    (« Contrôle des élites sur la langue », lol, on pourrait croire que je suis un complotiste !)

    (Pourquoi le turc et l’espagnol en particulier ? Ben j’ai étudié l’espagnol au lycée et j’aime écouter de la pop turque.)

    Je plaisantais un peu pour cette dernière phrase, je pense qu’il n’y a que moi dans ce monde qui vais écrire comme ça, mais j’aime bien avoir les yeux plus gros que le ventre.

    Voilà à quoi ressemblerait l’alphabet français dans cette nouvelle norme : A, Â, B, C, D, E, Ë, Ê, È, F, G, I, J, K, L, M, N, O, Ô, P, R, S, T, U, Ü, Û, V, Z. 29 lettres, 21 quand on ne compte pas les lettres à accent.

    Les voyelles :

    • A : la lettre A telle qu’on la connaît, qui se prononce /a/ ou /ɑ/.
    • Â : cette lettre se prononce /ɑ̃/. C’est la nasale « en » ou « an » en une seule lettre. Il n’y a plus de N muet (exemple : « mâtir » pour le mot « mentir »).
    • E : ça se prononce /ə/ ou /ø/, comme dans « cheveu ».
    • Ë : c’est le É (E accent aigu), qui se prononce /e/, comme dans « dé ».
    • Ê : ça, c’est le son /ɛ̃/, comme dans « vin », « daim » ou « plainte ».   
    • È : c’est la lettre È (E accent grave), qui reste inchangée et qui se prononce /ɛ/, comme dans « lait ». (Note : je constate que le son /ɛ/ tend à disparaître au profit du son /e/, donc si ça se trouve cette lettre-là est déjà morte.)
    • I : c’est la lettre I, pareil. Elle se prononce /i/, comme dans « dit ». Je ne t’apprends pas grand-chose, là.
    • O : idem ici, la lettre O ne change pas. /o/ ou /ɔ/, comme dans « dôme » ou « chose ».   
    • Ô : tu auras compris que j’ai choisi les accents circonflexes pour représenter les nasales, donc cette lettre est la nasale /ɔ̃/ (« on »), comme dans le verbe « monter » ou le mot « con ».
    • U : cette lettre se prononce /u/ (« ou ») comme dans « doux ».   
    • Ü : cette lettre se prononce /y/ (« u ») comme dans « lutte » ou « rue » (ouais, pour le coup, j’ai pas choisi ces deux mots au hasard !).
    • Û : c’est la nasale /œ̃/ (« un ») comme dans « junte » ou « lundi ».

     

    Les consonnes :

    • B : elle se prononce /b/, comme dans « bébé ».   
    • C : elle se prononce /ʃ/, comme « chant ». En aucun cas elle ne se prononce /k/ comme dans « cru » ou /s/ comme dans « celte ».
    • D : elle se prononce /d/, comme dans « dame ».   
    • F : elle se prononce /f/, comme dans « flûte ».   
    • G : elle se prononce /g/, comme dans « gant » ou « bague ».  En aucun cas elle ne se prononce /ʒ/  comme dans « genre ».
    • J : elle se prononce /ʒ/, comme dans « joie ».
    • K : elle se prononce /k/, comme dans « culture ».
    • L : elle se prononce /l/, comme dans « lent ».
    • M : elle se prononce /m/, comme dans « maman ».
    • N : elle se prononce /n/, comme dans « non ».
    • P : elle se prononce /p/, comme dans « prendre ».
    • R : elle  se prononce /ʁ/, comme dans « roi ».
    • S : elle se prononce /s/, comme dans « sirène ».
    • T : elle se prononce /t/, comme dans « tout ». En aucun cas elle ne se prononce /s/ comme dans « condition ».
    • V : elle se prononce /v/, comme dans « vent ».   
    • Z : elle se prononce /z/, comme dans « zizi ».

     

    Les lettres qui n’existent plus sont les suivantes : H, Q, W, X et Y. Le Q est remplacé par le K, le W par le U et le V, le X par « ks » et le Y par le I.

    Les différents groupes de deux lettres qui formaient un seul son disparaissent aussi. Le digramme « gn » qui se prononce /ɲ/ (comme dans « gagner ») est remplacé par « ni »1, les différents groupes comme « er », « et » et « ai » sont remplacés par les les lettres Ë et È, les nasales qui avant étaient symbolisées par deux lettres elles aussi sont remplacées par des lettres uniques comme Â, Ê, Ô ou Û, les doubles L comme dans « bataille » sont remplacés par la lettre I et enfin le digramme « ou » est remplacé par la lettre U. Les doubles consonnes sont elles aussi supprimées.

    Le but de toutes ces suppressions est d’en finir avec les digrammes, les lettres muettes, les accords et tout ce qui pourrait causer des phénomènes d’hypercorrection.

    Comme toutes les lettres muettes sont supprimées, il n’y a plus besoin de faire des accords au participe passé, de rajouter des S au pluriel ou à la deuxième personne du singulier, et de mettre un E à la fin de plein d’adjectifs pour le genre féminin. Tout est collé à la prononciation.

    La disparition des S au pluriel signifie aussi qu’il n’y a plus de liaison. Ça ne me dérange pas parce que ça ne se fait plus vraiment à l’oral, ça disparaît petit à petit. Mais si tu veux en mettre, tu peux.

    Exemple :

    « Les enfants s’ennuient à l’école et veulent aller jouer au parc. »

    • Sans la liaison : « Lë/lè âfâ s’ânüi a l’ëkol ë/è vel alë juë o park. »
    • Avec la liaison : « Lë/lè-z-âfâ s’ânüi-t-a l’ëkol ë/è vel-t-alë juë-r-o park. »

     

    « Et pour les pronoms ? » Parce que ouais pour le coup c'est « je », « tü », « il/el/ô », « nu », « vu » et, de nouveau, « il/el ». Ben, perso, je dis « ol » pour remplacer « il(s) », « elle(s) », « celui », « celle(s) », « ceux »… Mais je vois un plus grand nombre de personnes utiliser « iel » et « celleux », ce qui est bien aussi.

    Il y a sûrement plein d’inconvénients à ce système d’écriture. Je verrai après. S'il le faut, je mettrai à jour cet article et je suis prêt à le faire plusieurs fois.

    Voilà. Maintenant, vous connaissez les règles que je vais suivre sur ce blogue. N’hésitez pas à me donner vos avis, même s’il y a de très fortes chances que je me fiche de vos préoccupations si vous avez peur pour la beauté de la langue française ou des trucs comme ça. Si ça peut rassurer, je ne pense pas que ce truc aura une quelconque influence sur la langue française.

    Pour être franc, j'aurais bien aimé créer un nouveau blogue pour ça, mais j'ai changé d'avis et ai décider de mettre cet article sur ce blogue-là parce que j'ai eu la flemme d'en refaire un de zéro, même si j'étais tenté par l'idée de donner une chance à un autre service d'hébergement de blogue, comme Wordpress ou Wix.

    Pis je ne sais pas comment appeler ce nouveau code écrit, donc donne-lui le nom que tu veux, j’m’en fous, je respecte.

    Si ça se trouve, je vais peut-être aussi tweeter comme ça. Si jamais je décide de franchir le Rubicon et de le faire, tu peux suivre mon compte Twitter.

    Passe une bonne soirée et prend soin de toi.

    Mise à jour (16/01/2018) : Mon ami @dolfsquare m'a suggéré d'attribuer la lettre Ò pour les sons O semi-ouverts. Utilise-la si tu veux, c'est pas moi qui vais t'en empêcher.

    1Mise à jour (17/01/2018) : Remplacer le digramme « gn » par « ni » n'est finalement pas une bonne idée, surtout pour des mots comme « ligne » ou « signe ». J'ai donc décidé d'ajouter une lettre pour ce son, et il s'agit de la lettre espagnole Ñ. Ainsi, le mot « ligne » peut s'écrire « liñ ».

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