• Bonsoir.

    Aujourd'hui je vais parler d'une Mitsuoka que j'ai découverte récemment alors que ça fait au moins un an ou deux qu'elle existe.

    Enfin un article à l'ancienne, où je parle d'une voiture au lieu de musique !

    Moi, j'aime les Mitsuoka – les vrai·es se souviendront que j'en ai présenté une sur ce blog il y a 8 ans, les autres cliqueront ici. Encore une fois, j'ai été surpris car ce n'est pas d'une vieille Anglaise qu'on s'inspire mais d'une Américaine des années 60 très iconique : la Corvette Sting Ray décapotable, une auto qui évoque encore aujourd'hui, 50 ans après la fin de sa production, la jeunesse, les blousons de cuir, les blue jeans, le rêve américain et les escapades sur la route 66. C'est pour cela que Mitsuoka a appelé ce modèle Rock Star.

    Si l'on fait attention, on remarque que ce modèle est basé sur la Mazda MX-5 ND (dont les portières, les rétroviseurs et l'intérieur restent inchangés). Les modifications se situent au niveau de la poupe, la proue, les jantes et les coloris. Néanmoins, il ne s'agit pas d'une reproduction fidèle de la Corvette car les phares avant sont petits, circulaires et non escamotables.

    Ce n'est pas la première fois que Mitsuoka se base sur une MX-5. La Rock Star est en fait la remplaçante de l'Himiko, modèle basé sur la Mazda MX-5 NC s'inspirant des roadsters anglais des années 50.

    J'apprécie beaucoup la nouvelle direction prise par Mitsuoka pour la Rock Star. C'est toujours du néo-rétro, mais ce n'est plus inspiré des vieilles voitures anglaises. C'est un peu plus jeune, plus rock & roll, ce qui est plutôt rare dans le paysage automobile alors que ce style est très présent sur le marché des motos à grosse cylindrée.

    Personnellement, je trouve vraiment la Rock Star très cool !

    L'intérieur de la Rock Star est identique à celui de la MX-5, avec comme seules modifications les logos, les inserts et les sièges.

    Mitsuoka a le bon goût d'assortir les coloris intérieurs à la carrosserie, chose rare aujourd'hui mais autrefois très répandu, comme sur la Corvette Sting Ray originale.

     Je m'arrête là parce que je n'ai plus rien à dire.

    Images : Mitsuoka.


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  • At first I was going to write this post in French, as usual, but I changed my mind because I am going to talk about a chunk of Moroccan culture and I want more people to hear about it.

    The thing is: English is hard and I am still not comfortable with my English writing skills even though I've been practicing since I was around 16 years old. But let's not get too anxious about that!

    Basically, I am going to talk about Moroccan chaabi music and Cheb. I was planning to do it for months, when I was in lockdown at home.

    ‘Chaabi’ is Arabic for ‘popular’. Moroccan chaabi music is a kind of music that I did not use to listen to—not even on the radio. I come from a family that does not like to listen to chaabi. Usually it is enjoyed by the Moroccan working class. Rich Moroccans rarely listen to chaabi, I think.

    Years ago, I would think of chaabi music as a plebeian kind of music (which is a really awful opinion). I believed my tastes were very refined so accordingly I despised what I would call ‘badly-produced’ music with autotuned voices and ‘poor’ lyrics (whatever that meant), and chaabi music fit this description. From my current point of view, these arguments are irrelevant because they were fueled by classism.

    I am glad I have changed. I try to listen to everything and I do not need to prove I have good tastes anymore.

    Cheb is a Moroccan artist I don't know much of. A good friend of mine in medical school recommended him to me and I'm very grateful. She said she was going to write a blog post about him as well—Ikbale, if you're reading this, please write it soon, I cannot wait to read your opinion!

    Cheb is a chaabi singer. All his songs are in Moroccan darija, arranged mainly with traditional instruments (bendir, darbouka, oud, gembri...) and modern instruments such as electronic keyboard and electric guitar. Some of his songs contain sounds of kitchen utensils.

    It is very unusual for an artist to be called just ‘Cheb’. Normally, ‘Cheb’—which is Arabic for ‘young’—is a title that is placed before a famous singer's name, like ‘doctor’ or ‘professor’. That is the case for Cheb Hasni, Chebba Zahouania, Chebba Warda Charlomanti, Cheb Bilal, etc. Meanwhile, Cheb is just Cheb. No first name, no last name, no stage name. He's only known as Cheb. To me this is a power move.

    However, on each of his videos, he bears a different pseudonym alongside ‘Cheb’, and it's always written in capital letters with a gap between them: ‘Cheb P L A S T I C’, ‘Cheb K I T C H E N’, ‘Cheb S P L A S H’, ‘Cheb K O’, etc.

    That is because Cheb does not only sing. He also puts a lot of effort in the way his songs are visually represented. His music videos consist of extracts from movies, documentaries, TV shows, advertisements; sporadic images of him singing or playing instruments; as well as texts and photos scattered here and there. Each of these homemade videos conveys a distinct atmosphere, and are in my opinion very fascinating.

    Cheb calls his music ‘post-chaabi’ or ‘neo-chaabi’, which are designations that do not really convince me. Time will tell if post-chaabi is a whole music genre that we can distinct from ordinary chaabi. Nonetheless, I am convinced Cheb is modernising chaabi music.

    Although his musical arrangements are not too far from tradition, there are swear words in his lyrics, casual dialogues, stories, political opinions and rants. From what I've heard, that is the reason why none of his songs are played on Moroccan radio. Thankfully for him, it is not really a problem since he found success on YouTube.

    I put below a selection of my favourite songs by Cheb. The lyrics are translated in English and you can find the translation in the videos' comment section.

     "كوتوكوتو"

    "سكونضال"

    "فين آ سماعين؟"

    "صيفاً"

    "اللوحة"

    "حنا الكراميل"


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  • Le titre dit déjà tout, mais ce n'est évidemment pas suffisant. C'est une affirmation subjective qu'il va falloir que je « prouve ». 

    Donc je vais mettre ici 4 clips tirés de YouTube pour forger une image pas du tout nuancée de la scène audio-visuelle ukrainienne. C'est mon blogue, j'ai le droit, je fais ce que je veux et je n'ai jamais prétendu être objectif.

    Mais au moins je suis honnête.

    (J'ai encore écrit comme si on allait m'attaquer...!)

    On commence par une chanteuse ukrainienne assez connue : Jamala.

    Elle est devenue célèbre en gagnant l'Eurovision 2016 avec sa chanson 1944 traitant des déportations de ses ancêtres tatar·es de Crimée par le pouvoir stalinien de l'époque. Si je ne me trompe pas, les Russes ont peu apprécié cette victoire.

    Mais je veux pas parler de 1944 (dont le clip est bien réalisé) parce que je veux plutôt me focaliser sur ce que je vais poser sous cette phrase : la chanson Шлях Додому.

    Jamala, Шлях Додому

    La traduction du titre est « Le chemin vers la maison », et le clip montre Jamala en train de faire un long voyage, parcourant les beaux paysages de l'Ukraine. C'est une chanson calme qui se veut un peu nostalgique et mélancolique. Très agréable à écouter. Je valide et recommande.

    Ensuite, je vais parler d'Onuka.

    Onuka, Misto

    « Onuka » signifie « petite-fille » (précisément l'enfant de son enfant). C'est un groupe de musique électronique essentiellement composé de femmes (dont la leader est Nata Zhyzhchenko). Les chansons de ce groupe se veulent alternatives et expérimentales, et marient le synthétiseur et les instruments traditionnels du pays. J'ai découvert ce groupe au moment de leur participation à l'Eurovison 2017 qui a eu lieu en Ukraine, suite à la victoire de Jamala. C'était épique.

    Je trouve les clips d'Onuka d'une grande qualité, et l'exemple que je montre ci-dessus me plaît beaucoup car il est très bien filmé. On pourrait croire que ce clip n'a rien à présenter, qu'il ne se contente que de montrer des bribes de la vie d'artiste en plein processus de composition et d'enregistrement d'une chanson, en plus de quelques images de performances sur scène, mais en même temps il raconte une rupture amoureuse tout en rendant hommage à l'environnement urbain – thème de la chanson.

    Maintenant, je vais vous présenter Ivan Dorn.

    Ivan Dorn & Vakula, Опомнись

    J'ai très peu d'informations sur lui mais je sais qu'il chante principalement en russe, première langue étrangère en Ukraine (comme dans plein d'autres pays de l'ex-URSS), et qu'il a une longue carrière.

    J'aime beaucoup cette chanson qui, avec le clip, se montre très surréaliste. Je n'ai pas trouvé (ou plutôt pas cherché) la traduction du titre, mais je suis prêt à parier que les paroles sont cryptiques. C'est probablement la raison pour laquelle le thème de la vidéo est l'eau et la baignade. Le montage est endiablé, on a l'impression d'assister à un rêve très bizarre, les plans sont excellents et les mimiques d'Ivan Dorn sont ridicules. J'adore ça !

    Et, pour finir, voici Alyona Alyona.

    Alyona Alyona, Рибки

    Alyona Alyona est un véritable phénomène rap dont le succès a commencé fin 2018 grâce à ce morceau, intitulé « Poissons », où elle rape sur des poissons et rien d'autre ! À cette période, elle occupait un poste d'éducatrice en école maternelle dans un petit village, poste qu'elle a quitté pour s'installer à Kiev peu après le décollage de sa carrière dans le rap. Son rap est en langue ukrainienne, ce qui même en Ukraine n'est pas très commun car la majorité du rap y est en langue russe. Ses clips sont souvent très colorés et ont comme signe distinctif l'ajout de dessins et petites animations un peu infantiles ainsi que des effets spéciaux bon marché. Je trouve que ces caractéristiques sont de bonnes idées car elles permettent de rendre ces vidéos moins solennelles que ce que j'ai l'habitude de voir dans le domaine du rap. On se sent ainsi plus proche de l'artiste, j'ai l'impression...

    Tous les clips que j'ai insérés dans cet article confortent mon opinion très subjective sur la culture audiovisuelle ukrainienne. Ce que j'apprécie le plus, c'est que, souvent, la réalisation et le montage des clips correspondent à mes goûts et, selon moi, mettent très bien en valeur la chanson, car c'est ça pour moi le travail d'un clip. C'est ça l'objectif qu'il est censé réaliser.

    Je n'aime pas beaucoup les clips conçus dans le seul but qu'il y ait un clip, car le résultat est souvent très superficiel. De beaux paysages, un super maquillage, de beaux habits, quelques effets spéciaux, peut-être un voyage en voiture et une chorégraphie, et pas grand chose d'autre. C'est très frustrant à regarder !

    Pour faire un bon clip, je pense qu'un scénario et une direction artistique est nécessaire. Il est important de garder en tête qu'il faut avoir quelque chose à raconter, quitte à ce que ça soit abstrait, et il faut chercher à communiquer une émotion. Si l'on se contente d'une vidéo avec de belles images, on se retrouve avec un clip peu mémorable, un clip dont je vais me plaindre sur mon blogue (et ce n'est probablement pas une fin admirable pour un clip...).

    Mon ressenti d'un clip se base sur ces critères-là et c'est comme ça que je construit mon opinion. Je suis content de pouvoir l'expliquer à travers quelques clips ukrainiens.

    Bonne journée !


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  • C'est moi qui ai fait ce drapeau.

    Je vais probablement écrire des conneries, mais j'imagine que ce n'est pas comme si je n'en disais aucune à longueur de journée. L'inconvénient d'écrire des conneries au lieu de les dire, c'est que les paroles s'envolent et que les écrits restent.

    Mais je ne vais pas me décourager. On respire un grand coup et on écrit ce qu'on a à écrire : il faudrait qu'il y ait des États-Unis du Maghreb, une Union Maghrébine ou une Fédération du Maghreb. Voilà je l'ai écrit. Différentes manières d'appeler la même chose. Maintenant je vais expliquer mon opinion avant que je décide d'abandonner l'écriture de cet article par peur de faire face aux contradictions avec lesquelles j'arrive à vivre quotidiennement.

    (Est-ce que c'est ça le syndrome de l'imposteur ?)

    Entre le Maroc, l'Algérie et la Tunisie, il faut ouvrir les frontières. Comme en Europe.

    Parce que pour l'instant, aujourd'hui, il faut un passeport. Et, dans le cas de la frontière algéro-marocaine, il faut prendre l'avion. On ne peut pas y aller en train ou en voiture, même s'il y a déjà la route et la voie ferrée.

    C'est hyper bien, je trouve, de pouvoir prendre le car (ou le train) en France et me retrouver en Espagne le lendemain, sans passer par la douane.

    Imagine pouvoir monter en voiture à Casa et se retrouver à la fin de la journée en Algérie pour y passer des vacances sans pression oklm, alors que voyager en voiture vers l'Europe n'est pas possible sans avoir fait une demande de visa chère en temps et en argent.

    On pourrait aussi choisir de s'installer où l'on veut au Maghreb, sans justification, sans justificatif, sans titre de séjour et sans besoin d'apprendre une nouvelle langue.

    J'étais indifférent face aux frontières du Maghreb jusqu'au moment où j'ai visité la Tunisie. C'est cool d'être touriste marocain·e en Tunisie ; je me souviens qu'on ne m'y a pas du tout traité comme un étranger et je ne me sentais pas dépaysé.

    Maintenant, pour m'amuser un peu, je vais imaginer les détails d'un Maghreb fédéral. On va voir combien de lignes je vais atteindre avant que le cringe ne m'arrête.

    Je pense qu'il faudrait que chaque pays garde son drapeau, sa monnaie, ses lois, sa constitution, ses langues officielles, son équipe de foot, son/sa président·e, etc. Je pense aussi qu'il faut modifier le droit de vote et le baser sur le pays de résidence et non le pays d'origine.

    Mais évidemment y a des freins à cette idée : premièrement, il y a le cas du Sahara occidental, principale cause de désaccord entre le gouvernement marocain (qui en possède la majeure partie) et le gouvernement algérien (qui reconnaît l'existence de la RASD, opposée au pouvoir marocain).

    Deuxièmement, pourquoi une union du Maghreb et non du Grand Maghreb ? Quand je dis « Maghreb », je pense seulement à l'Algérie, la Tunisie et le Maroc. Quand on ajoute la Mauritanie et la Libye, on parle là de « Grand Maghreb ». Je me sens culturellement moins proche de ces pays-là par rapport à l'Algérie et la Tunisie, mais est-ce une bonne raison pour exclure de la partie la Mauritanie et la Libye ? Et je sais qu'il existe déjà l'Union du Maghreb arabe (dont le nom efface totalement la population amazigh de cette région), mais il s'agit seulement d'une organisation économique et politique, pas d'une fédération.

    Enfin, pourquoi ne pas juste abolir les frontières, les passeports, les cartes d'identité et les cartes de séjour ? C'est beaucoup plus simple qu'imaginer une fédération de trois pays et probablement beaucoup plus juste pour tout le monde.

    Mais bon, les freins, j'y pense pas tellement parce qu'il y a un fouillis monumental dans ma tête et je n'ai pas envie d'y mettre de l'ordre, donc je vais m'arrêter là.

    #maghreb_united


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  • En mars 2020, j'ai dû remplacer mon Fairphone 2 par un smartphone neuf, après quatre ans de (pas très) bons et (pas très) loyaux services. C'était quelque chose d'imprévu mais nécessaire. Et, comme cette situation a été très frustrante pour moi, j'ai décidé d'en parler ici.

    J'ai entendu parler de la marque Fairphone début 2015. Le Fairphone 2 venait d'être annoncé, j'en voulais un, et, quelques semaines avant la fin de l'été, j'ai passé pré-commande en contribuant à leur campagne de financement participatif précédant le début de la production de ce modèle. Puis j'ai attendu patiemment comme on attend la cuisson d'un gâteau avant de le recevoir par la poste en février 2016. Mon tout nouveau Fairphone 2 fait partie des premières séries, et il y a dedans une inscription qui confirme que je suis un des 17418 personnes ayant permis sa mise en production. Si ma mémoire ne me trompe pas, j'ai payé 525 € sans compter d'autres faux frais.

    J'en voulais un parce qu'à l'époque je n'étais pas totalement anticapitaliste. J'étais séduit par le fait que ce smartphone soit issu du commerce équitable et qu'il soit désassemblable et réparable. Ça ne me dérangeait pas d'acheter un smartphone de moyenne gamme (en 2015 déjà !) à prix d'or ; je me disais que j'allais le garder dix ans au moins, le faire durer comme celui que j'utilisais avant – un petit portable à glissière. Et, enfin, ce n'était ni un iPhone ni un Samsung, donc je gardais mon image de personne non-conventionnelle – image que je tiens religieusement à conserver et pour laquelle je fournis beaucoup d'efforts (en vrai non mais ça m'a fait rire d'écrire ça).

    En moins de quatre ans, j'ai eu trois gros problèmes liés au manque de fiabilité de mon exemplaire du Fairphone 2, apparemment peu surprenants pour les premiers sortis d'usine, mais ces désagréments ont un peu forgé mon opinion actuelle.

    1. Le haut-parleur principal a arrêté d'émettre des sons après à peine deux mois d'utilisation. Heureusement, j'ai envoyé un courriel à Fairphone et j'ai reçu par la poste un nouvel haut-parleur et j'ai pu ainsi vérifier qu'effectivement il est très facile de remplacer une pièce défectueuse dans mon smartphone et définitivement remédier à mon problème.
    2. Un an plus tard, une mise à jour faisant changer le système d'exploitation du Fairphone 2 (passage d'Android 5.1 à Android 6) a mal tourné – ou plutôt n'a pas arrêté de tourner (bootloop) parce que j'avais eu le malheur d'auparavant désactiver plusieurs applications Google pré-installées. Je ne pouvais plus utiliser mon téléphone et mon premier réflexe a été d'acheter un bête portable basique de secours, à boutons, pour mes appels et messages les plus urgents. Je n'étais pas le seul à avoir ce problème et la solution communiquée par Fairphone impliquait une réinitialisation causant la perte de beaucoup de mes fichiers et photos.
    3. Moins d'un an après, j'ai dû changer de coque. La première, bleue translucide, a trop rapidement vieilli et son joint en caoutchouc s'est détaché. Cela tombait bien, le Fairphone 2 venait d'être mis à jour, avec une nouvelle caméra et de nouvelles coques aux couleurs chatoyantes, mieux conçues, donc j'ai déboursé 40 € pour une coque neuve bleu turquoise.

    C'est sans compter un 4ème problème que beaucoup des premiers Fairphone 2 ont eu aussi et avec lequel j'ai dû vivre, pensant que ça ne me gênait pas tant que ça (en réalité, je suis juste très très patient et je n'aurais pas dû l'être dans ce cas-là, maintenant que j'ai du recul...) : mon Fairphone, après à peu près un an d'utilisation, se redémarrait tout seul, de temps en temps. J'ai attendu jusqu'à ce que ça devienne de plus en plus fréquent au point que ça soit devenu insupportable, en mars 2020. C'est seulement à ce moment-là que j'ai cherché un moyen d'en finir avec cet embêtement et que j'ai appris qu'il fallait changer la carte-mère. Je me suis évidemment senti très bête de ne pas l'avoir fait plus tôt, d'autant plus que les pièces de rechange n'étaient plus produites, et j'ai dû me rendre à l'évidence : il fallait acheter un nouveau smartphone.

    Quel échec !

    Le téléphone que j'ai actuellement est un Xiaomi Redmi Note 8T. C'est un smartphone chinois neuf, très conventionnel, blanc à reflets irisés. J'ai hésité pendant presque deux semaines parce que, malgré qu'il corresponde à la majorité de mes besoins et qu'il soit le meilleur du marché pour le montant que j'étais prêt à régler, je n'en voulais pas. C'était mon Fairphone 2 – bien-sûr en fermant les yeux sur ses défauts – qui me convenait à 100 %. Je voulais le garder dix ans et j'étais très frustré de voir ce plan tomber à l'eau.

    Malgré ses inconvénients, mon Fairphone 2 avait des qualités qui faisaient que j'ai eu beaucoup de mal à m'en séparer :

    • il est solide – je l'ai fait tomber plusieurs fois et il ne s'est jamais cassé ;
    • l'interface avait une surcouche légère et très peu d'applications pré-installées – juste iFixit, Fairphone Updater et les applications Google ;
    • il est beau ;
    • il est désassemblable et réparable – ce qui est très très rare ;
    • il n'est pas aussi grand que les smartphones actuels – de véritables girafes – même s'il est massif.

    Cependant, je me sens très mal d'avoir payé 525 € pour un téléphone de milieu de gamme, ça m'embarrasse, j'en ai un peu honte. J'ai l'impression de souvent prendre de mauvaises décisions et ça me mine, des fois, alors que ce n'est probablement pas grave, mais il faut dire que j'ai souvent honte pour un rien.

    525 € pour un smartphone, c'est trop. 40 € pour une nouvelle coque, c'est trop.

    J'ai été dégoûté par le fait de ne plus pouvoir commander des pièces de rechanges pour faire durer mon Fairphone aussi longtemps que prévu. Je pense que la personne que j'étais il y a cinq ans serait en colère. Aujourd'hui (et depuis un bon bout de temps déjà), je sais que la consommation éthique n'est pas possible dans un système capitaliste, donc je ne suis pas surpris.

    Je ne l'ai pas remplacé par un Fairphone 3 parce que, tu l'auras compris, cette expérience m'a désenchanté. Les promesses n'ont pas été tenues pour le 2 (qui n'a même pas tenu 5 ans), et je doute qu'elles seront tenues pour le 3. Je ne suis plus un acheteur cible et je suis d'accord quand on dit du Fairphone qu'il s'agit d'« un téléphone de riche qu’on achète pour se donner bonne conscience. »

    Je vais quand même m'arrêter de dire du mal de Fairphone parce qu'ils offrent quand-même un service qu'il faudrait rendre obligatoire pour toute entreprise et dont je vais chercher à bénéficier après la fin du confinement : leur envoyer gratuitement mon Fairphone 2 pour qu'il soit recyclé.

    Donc c'est la fin de cet article. Bye bye mon Fairphone 2 !


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